Cours publics

VIDEOS - Cours public 2022 - LA DÉCOLONISATION DES SAVOIRS UNIVERSITAIRES À L’HEURE DE L’ANTHROPOCÈNE : ORIGINES, TENSIONS ET ESPOIRS

Du 28 janvier 2022 au 31 décembre 2022

Par Karine Vanthuyne, professeure agrégée d'anthropologie, directrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur les territoires de l’extractivisme (GRITE) et titulaire d'une chaire en enseignement universitaire à l'Université d'Ottawa.
Les séances ont été données ont été données au Rize (Villeurbanne), à l'Université de Lyon et à l'IUT de l'Université Jean Moulin Lyon 3 que nous remercions pour leur accueil.
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Dans la foulée de la crise climatique, le sentiment de plus en plus généralisé d’être à l’aube d’une « apocalypse » aurait, entre autres, pour effet de rendre légitime, aux yeux d’un nombre croissant d’acteur·rice·s, l’idée d’une nécessaire décolonisation des savoirs pour y faire face. Découvrez les 5 vidéos du cours de Karine Vanthuyne, anthropologue à l'Université d'Ottawa.


Présentation du cours :

La survie de l’espèce ne reposerait-elle pas sur les systèmes de connaissances écologiques des Premiers peuples, ces derniers étant non pas animés par la logique « extractiviste » des systèmes de savoirs scientifiques occidentaux, mais fondés sur une relation de réciprocité avec les territoires ancestraux ?

Or, la dénonciation de la colonialité même du concept d’« Anthropocène » (Yusoff, 2018), comme de la représentation des Autochtones comme étant « fondamentalement écologistes » (Melissa, 2006), nous conduit à nous interroger tant sur les enjeux théoriques auxquels la « décolonisation des savoirs » renvoie, que sur les tensions politiques que les discours et actions de ses défenseur·se·s suscitent.

Que signifie « décoloniser les savoirs » enseignés en salle de classe ? Quel·le·s sont les porteur·se·s, comme les critiques, de ce mouvement ? L’université, cette institution des Lumières originellement fondée sur la séparation de la raison des perturbations de la passion, peut-elle vraiment devenir le lieu du travail affectif que la décolonisation de ses pratiques pédagogiques ou d’enquête requerrait chez tout·e chercheur·se qui s’y engagerait (Battiste, 2013 ; Zembylas, 2021 ; Stein, 2020) ?

Dans ce cours, j’explorerai les origines historiques, fondements théoriques et expressions diversifiés du mouvement pour la décolonisation de la recherche et de l’enseignement universitaire, devenu global. J’analyserai ensuite, à la lumière de mes travaux de recherche sur l’« autochtonisation » des cursus universitaires au Canada, les débats et espoirs que ce mouvement suscite, et ce tant au sein des universités qu’en dehors de leur enceinte.


- Battiste, M. (2013). Decolonizing education : nourishing the learning spirit. Saskatoon : Purich Publishing Limited.
- Melissa, N. (2006). Ravens, Storms, and the Ecological Indian at the National Museum of the American Indian. Wicazo Sa Review, 21(2), 41-60.
- Stein, S. (2020).’ Truth before reconciliation’: the difficulties of transforming higher education in settler colonial contexts. Higher Education Research & Development, 39(1), 156-170.
- Yusoff, K. (2018). A Billion Black Anthropocenes or None. Minneapolis : University of Minnesota Press.
- Zembylas, M. (2021). Refusal as affective and pedagogical practice in higher education decolonization: a modest proposal. Teaching in Higher Education, 1-16.

Biographie de Karine Vanthuyne



Vidéos des séances :


Vidéo de la 1ère séance :


Vidéo de la 2ème séance :




Vidéo de la 3ème séance :




Vidéo de la 4ème séance :



Vidéo de la 5ème séance :