Vous êtes ici : Version française

SACRIFICE : exposition photographique D’ELENA CHERNYSHOVA au festival Visa pour l’image de Perpignan

Du 29 août 2020 au 27 septembre 2020

Photo : ELENA CHERNYSHOVA
Photo : ELENA CHERNYSHOVA

La série "Sacrifice" de la photographe russe Elena Chernyshova est actuellement exposée au festival Visa pour l’image de Perpignan. Elle s'inscrit dans le cadre d'un projet scientifique et multimédia "Sicile Toxique" conduit par le géographe Alfonso Pinto pour l'Ecole urbaine de Lyon.

Cette année, la 32ème édition du festival Visa pour l’image, consacré au photojournalisme de Perpignan, affiche, au programme, la série Sacrifice de la photographe russe Elena Chernyshova.

Réalisées entre novembre 2019 et février 2020, ces images racontent, avec une efficacité dramatique remarquable, la vie quotidienne et les paysages du pôle pétrochimique syracusain en Sicile, l’un des plus étendus du continent. Ce territoire a subi, depuis 1949, un processus d’industrialisation rapide et brutal et 70 ans après les 180.000 habitants de cette zone de la Sicile font face à une dégradation de la santé publique et environnementale.

Contrairement à l’imaginaire « touristique » qui, normalement caractérise cette région située au milieu de l’espace euro-méditerranéen, les photographies d’Elena Chernyshova nous livrent le portrait inédit d’une Sicile industrielle et post-industrielle, dans laquelle, par exemple, les vestiges de l’ancienne ville grecque de Megara Hyblea côtoient les cheminées des sites pétrochimiques et les décharges illégales.

Les communes de la zone, Augusta, Priolo, Melilli et même Syracuse, sont aujourd’hui classées par l’Etat « sites à dépolluer ». Les nombreux études qui, depuis les années 1970, cherchent à évaluer les effets sur la santé publique, ont mis en évidence l’incidence élevée de néoplasies cancéreuses et de malformations congénitales chez les nouveau-nés. Malgré cela, la population se partage entre une bruyante minorité de femmes et hommes qui dénoncent l’écocide en cours et une majorité silencieuse qui ne parvient pas à se débarrasser du racket occupationnel lié à la production pétrochimique.

La série Sacrifice se compose donc comme un récit qui alterne paysages, visages, moments d’une vie quotidienne qui se déroule au milieu de l’une des zones « silencieusement » les plus contaminées d’Europe.

Le travail d’Elena Chernyshova a été soutenu et financé pour partie par l’Ecole Urbaine de Lyon à l’occasion du projet scientifique et multimédia, « Sicile Toxique », qui se propose d’explorer ce territoire en conjuguant les études scientifiques sur l’urbain Anthropocène et les pratiques de l’audiovisuel.

Dans les mois prochains, le travail d’Elena Chernyshova sera exposé à Lyon.