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Lectures anthropocènes Janvier-février 2020

Du 24 février 2020 au 24 mars 2020

L'Ecole urbaine de Lyon propose une sélection de lectures anthropocènes parues depuis janvier 2020 ainsi que quelques découvertes tardives de 2019. A découvrir et partager !

 

AGRICULTURE

 

Marc DUFUMIER, De la terre à l’assiette — 50 questions essentielles sur l’agriculture et l’alimentation (Allary, 2020).

Pourquoi la plupart des tomates n’ont-elles plus de goût ? Doit-on l’explosion du nombre de cancers aux produits chimiques présents dans nos aliments ? Peut-on avoir encore confiance dans les labels bio ? Dans cet ouvrage, l’agronome Marc Dufumier répond à 50 questions sur l’agriculture et notre alimentation.

ARTS

Ignacio ACOSTA, Copper Geographies (2010–2016) (Rm, 2018).

Découverte tardive : l’ouvrage présente une recherche documentaire sur le cuivre sous forme de cartes, photographies et textes, et propose un imaginaire spatial critique pour repenser les géographies du cuivre. Il invite le spectateur à un voyage du cuivre de la matière première à la valeur boursière, des produits fondus, de la richesse en capital et des matériaux recyclés. Des paysages transformés du désert d’Atacama à un voyage repensé au Pays de Galles et à la ville de Londres, le projet documente les espaces de circulation, les perturbations environnementales, les protestations et les échanges, et rend visible le retour du cuivre caché dans les dispositifs technologiques à son origine géographique.

Elizabeth M. DELOUGHREY, Allegories of the Anthropocene (Duke University Press, 2019).

L’art et la littérature des peuples autochtones et postcoloniaux des Caraïbes et des îles du Pacifique luttent contre l’énormité du colonialisme et du changement climatique anthropique en recourant à l’allégorie comme moyen de comprendre les complexités multiscalaires de l’Anthropocène et de critiquer la violence du capitalisme, du militarisme et de l’état postcolonial. DeLoughrey montre comment l’anthropocène et l’empire sont mutuellement constitutifs et établit l’importance vitale de l’art et de la littérature allégoriques dans la compréhension de notre crise environnementale mondiale.

Bruno FERT, Refuge. Dans l’intimité de l’exil (autrement, 2019).

« Habiter est ce que nous avons tous en commun. Que nous soyons nomades ou sédentaires, nous habitons tous. Les abris temporaires des populations migrantes reflètent leur personnalité, tout comme nos appartements et nos maisons parlent de nous ». Depuis 2016, Bruno Fert parcourt les camps de réfugiés de Grèce, d’Italie, de France, pour y photographier l’habitat provisoire où ceux qui ont fui leur pays recréent une intimité, une attache, une identité.

Julia WATSON, Lo — TEK. Design by Radical Indigenism (Taschen, 2019).

Dans un monde exacerbé par les changements climatiques et les hautes technologies, Lo — TEK est un mouvement du design fondé sur la philosophie indigène et les infrastructures locales pour créer des technologies inspirées par la nature.

BD - ROMANS GRAPHIQUES

Tiitu TAKALO, Moi, Mikko et Annikki (Rue de l’échiquier, 2020).

À Tampere, en Finlande, les habitants du quartier historique d’Annikki promis à la démolition unissent leurs forces face à la rapacité des promoteurs et de leurs complices politiques. Une chronique autobiographique en image de la communauté en résistance, au service d’une idée aussi vitale qu’universelle : et si la richesse et l’âme d’une ville résidaient d’abord dans son patrimoine, et que sa préservation était la clé de nos identités collectives comme de nos avenirs possibles.

ECONOMIE

Revue de l’OFCE, n°165 : « Écologie et inégalités » (sous la direction d’Éloi Laurent), janvier 2020.

« La transition juste : un nouvel âge de l’économie et de l’environnement » Éloi Laurent ; « Inégalités sociales et écologiques : une perspective historique, philosophique et politique » Dominique Bourg ; « Inégalités mondiales et changement climatique » Céline Guivarch, Nicolas Taconet ; « Quelle justice climatique pour la France ? » Jean Jouzel, Agnès Michelot ; « Les dividendes du carbone : le cas des États-Unis » James K. Boyce ; « La fabrique des inégalités environnementales en France : approches sociologiques qualitatives » Valérie Deldrève ; « Soutenabilité des systèmes urbains et inégalités environnementales : le cas français » Éloi Laurent.

James K. BOYCE, Petit manuel de justice climatique à l’usage des citoyens (Les Liens qui libèrent, 2020).

Le projet de dividende carbone de l’économiste James Boyce propose de donner un prix au carbone afin de limiter les émissions de CO2 mais surtout d’en répartir les recettes fiscales sous forme de dividendes égaux pour toutes et tous. Concrètement : un bonus-malus reversé directement à chaque citoyenne et citoyen qui contribuerait à atténuer à la fois la crise climatique et la crise des inégalités.

Emmanuel SAEZ, Gabriel ZUCMAN, Le Triomphe de l’injustice : richesse, évasion fiscale et démocratie (Seuil, 2020).

Les 2 économistes français décortiquent les inégalités générées aux Etats-Unis par le capitalisme. Une des sources principales du problème qu’ils identifient est l’«injustice fiscale», c’est-à-dire « le déclin de la progressivité des impôts, dans un contexte de montée des hautes rémunérations et d’explosion des grandes fortunes », une situation qui n’est pas spécifique aux Etats-Unis.

ENJEUX POST & DECOLONIAUX

Aurélia MICHEL, Un monde en nègre et blanc. Enquête historique sur l’ordre racial (Seuil, Points, 2020).

L’historienne retrace toute la trajectoire historique de l’occident, de l’esclavage et de la « race » considérant que l’histoire de l’esclavage tire le fil de la construction de l’Europe et révèle l’ordre racial qui régit notre monde contemporain. Elle montre comment la « race » fut la construction idéologique nécessaire lorsque l’esclavage ne fut plus tenable comme système social, pour en perpétuer le partage des richesses et des rôles.

Deborah Bird ROSE et Libby ROBIN, Vers des humanités écologiques. Suivi de “Oiseaux de pluie” (Wildproject, 2019).

Un manifeste écologique et décolonial de l’ethnographe australienne pour une rénovation radicale de nos humanités. Nos savoirs sont profondément modifiés par l’écologie, dans leurs objets comme dans leurs méthodes. En s’appuyant sur les savoirs écologiques autochtones, elle propose un programme théorique et politique ambitieux à ces «humanités écologiques» émergentes.

Maboula SOUMAHORO, Le Triangle et de l’Hexagone : réflexions sur une identité noire (La Découverte, 2020).


Cet ouvrage hybride est le récit autobiographique d’une chercheuse qui raconte un parcours personnel à la lumière d’une histoire façonnée par la traite négrière transatlantique et la colonisation française, qui s’immisce jusque dans les familles et l’intime.

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