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Débats / Conférences / Entretiens

"À QUOI PENSEZ-VOUS ?" : conversations à distance avec Camille De Toledo

Du 9 juin 2020 au 14 juillet 2020

Tous les mardis, à partir du 9 juin 2020
Une série de rencontres et de conversations à distance
Dans le cadre de la detective room et du cycle de résidence « ENQUÊTER, ENQUÊTER MAIS POUR ELUCIDER QUEL CRIME ? » de Camille de Toledo
Avec l’Ecole urbaine de Lyon, European Lab et la Fête du livre de Bron.

À l’heure de la pandémie, la résidence de l’écrivain-chercheur Camille de Toledo se reconfigure et propose, à partir du 9 juin, une série de rencontres et de conversations à distance.

La « Chambre d’enquête » devient la « chambre d’échos ».
Toutes les semaines, l’écrivain dialoguera avec un.e invité.e issu.e des différents champs de recherche : art, histoire, philosophie, littérature, architecture, urbanisme, anthropologie...
Avec l'Ecole urbaine de Lyon, European Lab et la Fête du livre de Bron.

Programme :

. à partir du 9 juin 2020 - ANNE SIMON
Comment la langue a recouvert le monde et ses animaux ?
Où l’on parle de la Genèse, de Noé, de l’Arche, des animaux pris dans la maille des textes, de la manière dont le langage s’empare du monde, le détruit ou le sauve…où l’on évoque Merleau-Ponty, Proust, Giono, Malaparte et sa grande scène des chevaux glacés du Lac Ladoga dans le magistral Kaputt…où l’on cherche à se tourner vers ce qui sauve plutôt que ce qui détruit...

Directrice de recherche au CNRS, Anne Simon est rattachée au Centre de recherches sur les arts et le langage (EHESS). Elle y dirige notamment le projet « Animots », où elle interroge les figures du vivant et de l’animalité en littérature.


. à partir du 16 juin 2020 - SÉBASTIEN THIÉRY
Comment concevoir une architecture de l’hospitalité ?
Où l’on parlera de la lumière et de l’obscurité, du visible et de l’invisible, d’une recherche pour une architecture des devenirs, des potentialités… où l’on évoquera Foucault et ces édifices du pouvoir qui organisent la disparition des vies, les dispositifs aux frontières de l’Europe, dans nos villes, qui relancent la logique du cachot, du caché… où à rebours de ces édifices de contrôle, on ouvrira le regard à une architecture des inconsciences urbaines… dans le sillon du jardin planétaire de Gilles Clément… où l’on ouvrira enfin au projet du Très Grand Hôtel pour mettre en relation tous les gestes d’hospitalité qui abritent et accueillent…

Politiste, auteur, enseignant en école d'art et d'architecture, Sébastien Thiéry coordonne les actions du PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) fondé en 2012 avec le paysagiste Gilles Clément. Construisant des histoires et des bâtiments, des images et des textes, le PEROU s'efforce ainsi d'armer autrement celles et ceux qui, dans les plis et replis du territoire, cherchent parmi nous refuge. Sébastien Thiéry est aujourd'hui pensionnaire à la Villa Médicis où il conduit une instruction auprès de l'UNESCO visant à faire reconnaître l'acte d'hospitalité au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Il développe ce chantier juridique en collaboration notamment avec le collectif d'artistes et d'architectes italiens Stalker et Spin Time, l'un des plus grands squats de la ville de Rome, mais aussi à Paris, en collaboration avec des hébergeurs solidaires, dans la perspective de faire reconnaître et s'amplifier le Très Grand Hôtel, architecture constituée de la constellation des espaces où l'hospitalité a aujourd'hui lieu.
Liens :
- site du PEROU : www.perou-paris.org
- vidéo de présentation du Très Grand Hôtel (réalisée par Maëlle Berthoumieu)
- blog du PEROU sur Mediapart où sont présentées les études sur le Très Grand Hôtel : https://blogs.mediapart.fr/perou


. à partir du 23 juin 2020 - FREDERIQUE AÏT-TOUATI
Comment les modernes ont-ils mécanisé la nature en la « désanimant » ?
Où l’on cherche à saisir comment la nature a été désanimée, où l’on revient au XVIIe siècle pour le comprendre, à 1637, l’année où parait le Discours de la Méthode de René Descartes, pour prêter l’oreille à un « mécanisme animé ». Où l’on cherche à dater la coupure, la séparation de l’espèce humaine d’avec les autres êtres de la nature, où l’on n’y parvient pas. Où l’on évoque plusieurs étapes de la séparation pour finalement parler de l’effort collectif contemporain pour réanimer le monde, les divers étants du monde…

Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (EHESS), Frédérique Aït-Touati est historienne de la littérature et des sciences modernes, spécialiste du XVIIe siècle, et également metteure en scène de théâtre. Ses travaux académiques portent sur les rapports entre littérature, arts et savoirs.


. à partir du 30 juin 2020 - Emmanuel ALLOA
Comment partager les perspectives humaines et non-humaines ?

Où l’on part de la naissance de la perspective, à Florence, de Brunelleschi, où l’on dissèque cette séparation entre sujet et objet, où l’on raconte l’histoire d’un « rapt » du lieu d’énonciation et les luttes de sujets politiques humains pour y accéder… où l’on finit par voir prendre forme cette modernité aux multiples perspectives - la nôtre - où l’on cherche à faire de la place aux points de vue des êtres de la nature, animaux, végétaux, écosystèmes et milieux dans le sillon des travaux, notamment, d’Uexküll et de Viveiros de Castro.

Emmanuel ALLOA est Professeur ordinaire en esthétique et philosophie de l'art à l'Université de Fribourg. Il dirige la collection « Perceptions » et co-dirige la collection « Médias/Théories » aux Presses du réel. Ses recherches portent notamment sur l'esthétique et la théorie du visuel, la phénoménologie française et allemande, la philosophie sociale, la théorie des médias et l'histoire des techniques.


. à partir du 7 juillet 2020 - Denis CELLIER
Comment nous, les modernes, nous habitons nos corps et pourquoi il en va du corps comme du monde ?
Où l’on part de la toile de Rembrandt, "la leçon d’anatomie du docteur Tulp", pour explorer le premier foyer de sapiens, sa première demeure, le corps humain. Où l’on est invité à s’étendre et à fermer les yeux pour se mettre à l’écoute de la matière en nous. Où l’on cherche à sortir de ce rapport d’intention, d’incision, de partition au vivant en nous. Où l’on voit comment la médecine scientifique des modernes rejoint désormais les savoirs plus intégratifs des médecines traditionnelles... où l’on parle de méditation, d’hypnose, pour relancer la vie.

Thérapeute, pédagogue de l’action, Denis CELLIER pratique les arts martiaux à haut niveau, a étudié l'ostéopathie tissulaire, crânienne, et se passionne pour les sciences avant de s'ouvrir aux différents savoirs des médecines traditionnelles. Il s’inspire des approches systémiques de Palo Alto, des chemins initiatiques de Carlos Castaneda et s’enrichit des recherches de François Roustang sur l'hypnose.

Plaquette

Flyer

Podcasts des 4 premières conversations :