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Qui fait le trop dans l’Overtourism ?

Le 25 mai 2022

Une séance du séminaire « Quantification, métropoles et anthropocène ».
10h à 12h.
Archipel, 21 place des Terreaux 69001 Lyon
Entrée Libre et gratuite
Barcelone © Marc Fanelli - Unspslah
Barcelone © Marc Fanelli - Unspslah

Que nous disent les chiffres sur le tourisme ? A partir de quel moment parlons-nous du "trop" concernant cette activité multidimensionnelle ? Pouvons-nous évoquer une nouvelle « touristophobie » qui serait à l’origine du discours dénonçant « l’excès » de touristes ? Venez participer à cette nouvelle séance du séminaire « Quantification, métropoles et anthropocène » qui éclaire les grandes questions anthropocènes à l'aide de l'outil statistique.

Présentation :

La quantification de l’activité touristique (flux, afflux, poids du secteur dans l’économie) s’opère à plusieurs échelles : villes, Etats et organismes internationaux, comme l’OMT ou l’OCDE, s’occupent, de diverses manières, de produire et d’encadrer la production des statistiques de ce secteur d’activité économique et démographique.

Que nous disent ces chiffres sur le phénomène du surtourisme ? Nous observons bien que, dans sa version massive, le tourisme peut créer une pression excessive sur les grandes destinations intentionnelles. Des villes comme Venise, Barcelone ou Amsterdam, sont fréquemment citées comme exemples du déséquilibre créé par un tourisme effréné entre les fonctions résidentielle et commerciale des centres urbains.

Le surtourisme constitue donc une forme contemporaine d’une activité multidimensionnelle. Elle exprime une possible rupture des équilibres qui auraient jusque-là été respectés. Mais à partir de quel moment parle-t-on du « trop » concernant le tourisme ? S’agit-il du dépassement d’une certaine « capacité de charge » spatiale, sociale ou environnementale des villes/espaces touristiques ? Pouvons-nous parler d’une nouvelle « touristophobie » qui serait à l’origine du discours dénonçant « l’excès » de touristes ? Quelle place occupe dans ces débats l’argument statistique ?

Ce sont les sujets que nous discuterons, à deux mois de la période estivale de ce qui s’annonce être « l’année de la reprise » pour le tourisme au niveau mondial.

Intervenants invités :


Mathis Stock


Professeur ordinaire à l'Institut de Géographie et Durabilité de l’Université de Lausanne, il est responsable du groupe de recherche Cultures et natures du tourisme.
Il conduit des recherches sur le développement des lieux touristiques sur le long terme et les processus d'urbanisation et de touristification : le « capital touristique » et la centralité des stations touristiques d'une part, et, d'autre part, la touristification des métropoles sont au cœur des recherches.
Chacun des intervenants de cette séance a travaillé, à des moments différents, avec Mathis Stock. Il possède donc une vue d’ensemble de leur travail, ce qui lui permettra de contraster leurs multiples approches.

Florian Eggli

Professeur à l’Université d’Arts et Sciences Appliquées de Lucerne et membre de l’Institut de Tourisme et Mobilités (ITM).
Florian développe ses recherches sur la quantification de l’Overtourisme à l’échelle internationale et locale. Il a notamment participé à des projets de l’OMT qui ont produit une série de recommandations innovantes sur la manière d’observer le tourisme de masses. Il a étudié également les reconfigurations du tourisme à Lucerne (type de visiteurs, biens offerts, manière de circuler).
Florian nous présentera la continuité de ces travaux, dont les aspects multiscalaire et multifactoriel résultent particulièrement intéressants.

Mosè Cometta

Post-doctorant à l’Università degli studi di Torino, lecteur à l’Université de Lausane et à l’Université de Friebourg, en Suisse.
Mosè est un jeune chercheur qui s’intéresse aux problématiques relatives à l’Overtourism dans le canton du Tessin. Il a développé une approche à ce phénomène fondée sur le concept de « justice spatiale », en comparant les politiques néolibérales et keynésiennes que les autorités locales ont mis en place pour diriger l’activité touristiques à différents moments.
Mosè nous présentera son étude de cas, ainsi que les approches théoriques pluridisciplinaires qu’il mobilise dans ses recherches.

Victor Anduze

Doctorant à l’Université de Lyon au sein de la composante EVS de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat, ENTPE.
Victor réalise une thèse encadrée par Fabrice Bardet et Roser Cussó sur les controverses liées à l’Overtourism ainsi que sur les groupes militants qui dénoncent un « trop » de tourisme dans les villes de Paris, Lyon et Barcelone. Il s’interroge sur la place de l’argument statistique au sein de ces polémiques qui confrontent décideurs, opérateurs, touristes et population résidente.
Victor a conçu cette séance et présentera les premiers résultats de ses recherches.

Animation :

Fabrice Bardet

Directeur de recherches au laboratoire EVS du CNRS, Fabrice Bardet a publié en 2014 un ouvrage intitulé « La contre-révolution comptable » dans lequel il propose de distinguer les différentes formes de quantification qui alimentent l’action publique, soulignant la place déterminante qu’ont acquise les comptabilités ces dernières années (Bardet 2014).
Il développe aujourd’hui ses travaux sur les formes de quantification financière en particulier sur le terrain des métropoles dans lesquelles les quantifications ne cessent de prendre plus de place avec la numérisation des économies urbaines. Ingénieur de l’ENTPE, docteur en science politique de l’Université Paris 1 Sorbonne et habilité à diriger des recherches à l’Université de Lyon, il est corédacteur de la revue Métropoles.