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Séminaire | Ecologie / nature / Biodiversité / Animaux / Climat

séminaire Approches anthropocènes : "Souffrance environnementale : confusion et incertitude toxique dans un quartier pauvre de Buenos Aires (Argentine)" par Debora Swistun

Le 22 octobre 2019

Par Debora Swistun,  professeure en humanités environnementales à l’Université nationale d’Avellaneda (Buenos Aires) et à l’Université nationale de San Martin (Buenos Aires) 

Direction scientifique : Michel Lussault, géographe, directeur de l'Ecole urbaine de Lyon. 

de 17h à 19h 
Halles du Faubourg
10 Impasse des Chalets, 69007 Lyon
Entrée au 144 av. Berthelot — Se diriger au fond de l’impasse
Metro : Jean Macé / Tram T2 & Bus C12 et 35 : Route de Vienne
photo satellite de situation de Villa Inflamable et du pôle pétrochimique
photo satellite de situation de Villa Inflamable et du pôle pétrochimique "Dock Sud" (©Infobae)

La présentation de Debora Swistun sera donnée en anglais. Les questions après le séminaire pourront être posées en français.

Résumé :

Entouré par l’un des plus importants sites pétrochimiques d’Argentine, traversé par un canal fortement pollué qui transporte des déchets toxiques et hôte d’un incinérateur de déchets dangereux ainsi que d’une décharge en grande partie non surveillés, le quartier de Villa Inflamable (aire urbaine Buenos Aires) est contaminé par le plomb, le chrome, le benzène ainsi que par d’autres produits chimiques. Il en va de même pour près de cinq mille habitants malades ou fragilisés.

Sur la base de recherches archivistiques et de deux années et demie de travail ethnographique collaboratif à Villa Inflamable, nous examinerons, dans le séminaire, les expériences vécues de souffrance environnementale au sein de ce quartier en répondant aux questions suivantes : comment les personnes les plus défavorisées économiquement peuvent-elles faire face à la pollution toxique ? Pourquoi les habitants de Villa Inflamable ne parviennent-ils pas à prendre la mesure de ce qui est objectivement un danger immédiat ? Comment les perceptions erronées sont-elles partagées au sein d’une communauté ? Y a-t-il une leçon à tirer de ce cas d’étude pour comprendre la négation du changement des conditions de vie terrestre à l’époque anthropocène ?

Cette recherche se veut un pas en avant dans la compréhension de la dynamique de la justice environnementale, de la pauvreté urbaine et des inégalités en Amérique latine. Le livre qui en a été tiré a été récompensé par le prix Charles Tilly 2010, le prix Robert E. Park 2010, le prix du Livre Mirra Komarovsky 2010 et le prix du Livre 2009 de l’Association for Humanist Sociology.

Biographie : 

Débora Swistun est une anthropologue diplômée de l’Université nationale de La Plata ainsi que du master International cooperation in urban planning de l’Institut d’urbanisme de Grenoble (France) et de la Technische Universität Darmstadt (Allemagne). Grâce à sa formation et à son expérience dans la recherche et la gestion de projets urbains en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique latine, elle s’est spécialisée dans les questions de conflits urbains et de justice environnementale. Elle a publié dans différentes revues internationales et son livre Inflamable. Estudio del sufrimiento ambiental (Editorial Paidós, Buenos Aires. 2008, paru également en traduction anglaise chez Oxford University Press, 2009), coécrit avec le sociologue Javier Auyero, a remporté plusieurs prix internationaux. Elle est professeure en humanités environnementales à l’Université nationale d’Avellaneda (Buenos Aires) et à l’Université nationale de San Martin (Buenos Aires) ainsi que consultante. Elle effectue actuellement un séjour de recherche à l’École urbaine de Lyon.

Lien vers un entretien en français avec Debora Swistun pour l'Ecole Urbaine de Lyon. 



traces de phosphore à Villa Inflamable (©Debora Swistun, 2011)
traces de phosphore à Villa Inflamable (©Debora Swistun, 2011)