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Loriane Ferreira : à la découverte du périurbain, territoire d’avenir.

En 2018, l'Ecole urbaine de Lyon a soutenu 5 projets doctoraux issus d'établissements de l'Université de Lyon. Interview de Loriane Ferreira, doctorante en études urbaines à l'Université Lumière Lyon 2, qui s'intéresse aux initiatives et richesses d'un type de territoire encore trop méconnu, le périurbain...

Quel est votre parcours universitaire et vos thèmes d’études de prédilection ?

J’ai un parcours un peu classique avec quelques bifurcations. J’ai commencé par faire une prépa littéraire, à l’occasion de laquelle j’ai découvert à la fois la ville de Lyon et la géographie abordée de façon bien différente de ce que l’on peut faire au lycée. J’ai toujours été assez attirée par les villes, par l’urbain, qui me fascinaient et étaient pour moi synonymes de voyage et de liberté.

C’est en grande partie pour cette raison que j’ai intégré l’Institut d’urbanisme de Lyon, parce que « faire les villes » c’est fantastique ! J’ai pu, grâce à l’IUL, partir étudier à Montréal, où j’ai découvert les études urbaines et une toute autre façon de voir la ville, son environnement, son milieu de vie… Cela été un moment vraiment charnière, puisque l’année s’est poursuivie par un stage en bureau d’études où l’on réalisait des PLU, travaux classiques en urbanisme. Après l’expérience à Montréal, et grâce à des collègues très passionnés, j’ai découvert le travail en milieu rural, avec des réflexions et des enjeux qui m’étaient peu familiers jusque-là.

Le début de mon M2 a coïncidé avec l’ouverture de la mention de master VEU (Villes et environnements urbains), que j’ai intégré pour terminer mes études. Dans ce cadre, j’ai travaillé au contact d’autres disciplines, ce qui est toujours très enrichissant, puis j’ai achevé l’année par un stage recherche sur les questions périurbaines, et plus particulièrement sur les imaginaires de la nature et les pratiques des habitants en périurbain, en seconde couronne périurbaine de l’agglomération de Lyon.

Sur quel sujet de thèse travaillez-vous ? Autour de quels enjeux et quels objectifs ?

Ma thèse est la poursuite de la réflexion de mon stage, puis de mon mémoire de fin de M2. En étudiant le périurbain, je me suis rendue compte à quel point ce concept était ambigu et paradoxal. Assez mal vu et mal perçu, il concentre pourtant beaucoup de visions d’avenir émanant d’un grand nombre de personnes et s’avère bien plus riche qu’on peut le croire.

La fin de mon mémoire de M2 postulait que les relations à la nature, à l’environnement, que les alternatives écologiques émergentes sont une part très importante de la vie en périurbain, qui n’est pas qu’un lieu de relégation, mais bien un territoire à part entière et particulièrement riche. L’idée est donc d’étudier ces initiatives et de voir comment le périurbain peut être un territoire d’avenir, en essayant de comparer deux lieux, Lyon et Montréal. Vaste programme !

Quelles opportunités scientifiques et de formation apporte l’Ecole Urbaine de Lyon ?

Tout d’abord, il faut le souligner que cela reste une chance aujourd’hui, car l’EUL nous permet de faire une thèse dans de bonnes conditions. Ensuite, elle nous donne l’opportunité d’une réelle ouverture à l’internationale assez vaste : par l’aide apportée pour les terrains à l’étranger, autant que par les rencontres avec des chercheurs internationaux, avec qui nous avons la chance de pouvoir nous entretenir de manière privilégiée. Enfin, un vaste choix d’activités complémentaires est proposé aux doctorants : la mise en place d’un e-portfolio pour ensuite valoriser nos compétences dans le milieu du travail (car nous ne voulons pas tous préparer une thèse qui débouche sur une carrière universitaire), des podcasts et plateau radio, des conférences autour de l’anthropocène, qui proposent de s’ouvrir à d’autres disciplines qui nous paraissent parfois bien obscures… Pour n’en citer qu’un, je donnerais celui de la conférence « La biodiversité : éviter l’effondrement ? », qui avait eu lieu lors du festival « A l’école de l’anthropocène », en janvier dernier, et avait vraiment résonné avec mes réflexions du moment.

Où vous voyez-vous après la thèse ?

Je dois bien avouer que je n’ai pas de destination précise en tête pour l’instant, mais j’ai bien l’impression que l’après-thèse ne se fera pas en ville ! La thèse est un moment de constante remise en question et de profonds changements, ne serait-ce que par les sujets que l’on peut être amené à traiter. J’ai donc bien du mal à me projeter jusque dans deux ans.

Loriane FERREIRA travaille sur le sujet de thèse : "Périurbanités : affranchissement métropolitain par l’environnement et ses modes de vie" au Laboratoire Triangle, Université Lumière Lyon 2, ED 483 Sciences sociales. 
Ce travail bénéficie d'un co-financement de l'ADEME. 


Photo : Juliana De Noli.