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Colloque / Séminaire

Séminaire/conférence débat - Dans quel monde vivons-nous ? Comprendre les mondes urbains anthropocènes

Le 15 novembre 2018

Un grand RDV au Musée des Confluences, Lyon
Organisé par l’Ecole Urbaine de Lyon
Musée des Confluences
86 Quai Perrache, 69002 Lyon

Jeudi 15 novembre 2018 - Petit auditorium 

Venez vivre des rencontres originales, conçues par l’Ecole Urbaine de Lyon, pour aborder et comprendre la grande mutation sociale, écologique, politique et économique dans laquelle sont engagées nos sociétés et nos territoires, à l’échelle planétaire. Les mondes urbains anthropocènes constituent un nouveau champ de savoir et de connaissance de notre époque contemporaine caractérisée, à la fois, par l’urbanisation généralisée du monde, et les changements environnementaux à l’échelle globale.

Accès tous publics, gratuit, sur inscription pour chaque séquence.

Jeudi 15 novembre

Inscription obligatoire et gratuite
 

10h-12h : Séminaire ouvert « Théories de l'anthropocène » #2 en anglais

De Michel Lussault, Géographe, Professeur d'études urbaines ENS Lyon, Université de Lyon - Directeur de l’Ecole urbaine de Lyon
avec Anne Chin, Géomorphologue, Université de Colorado Denver, rédactrice en chef et fondatrice de la revue internationale Anthropocene.

N.B : le séminaire "Théories de l'Anthropocène" de Bruno Latour, programmé initialement le mercredi 14 novembre, est reporté à une date ultérieure. 
 

13h-14h30 : « Villes à défendre ! » #2

Conférence et débat : « Les nouveaux acteurs urbains de l'anthropocène » en partenariat avec Ouishare.

Il est de plus en plus clair que la ville ultra-connectée et urbanisée vers laquelle l’histoire semblait nous faire tendre n’est pas celle qui répondra aux enjeux des bouleversements socio-économiques et écologiques en cours.
Nos environnements urbains, consommateurs de ressources et destructeurs d’écosystèmes sont en fait particulièrement vulnérables face à des épisodes climatiques violents, une raréfaction de l’énergie ou bien des déplacements importants de population.
Mais ils portent également en germes les solutions qui répondent à ces enjeux, en tant que territoires qui connectent et permettent la mobilisation de celles et ceux qui dessinent le monde de demain. Des acteurs qui apportent des réponses innovantes, adaptées et contextualisées et participent à la construction d’une ville résiliente et accueillante. Rencontre avec celles et ceux qui changent la donne.

★ INTERVENANTS ★

▪ David Bartholoméo
Artiste plasticien lyonnais, il est membre actif de la Myne depuis fin 2015, porteur des projets «Doze Parc» et «Titre à venir, un monde à inventer». Il interroge notre mode de vie moderne, son modèle économique, social et politique dans un monde au cœur d’une profonde crise systémique et environnementale. Par des projets qui mettent en place des réflexions sur notre époque, il expérimente par le faire le potentiel d’action contenu dans la notion de «commun» en invitant à se croiser des citoyens, artistes, scientifiques et hacker-makers. Lesquels se fédèrent pour mettre en place un écosystème où les matériaux, la façon de produire, de se déplacer, de se nourrir et de vivre au quotidien prennent acte dans la conception et réalisation d’un projet artistique.

▪ Julie Bernard
Architecte et documentariste, elle co-réalise avec ses acolytes de LALCA, des installations et des interventions urbaines sonores et cartographiques, qui interrogent la manière dont les villes se pensent et se fabriquent.

▪ Antoine Begel
Architecte, doctorant au laboratoire GERPHAU, enseignant à l'école architecture de Paris la Villette, il exerce au sein d'un collectif d’architecture qu'il a co-créé et qui s'attache à prolonger l’histoire des lieux dans lesquels il intervient en cherchant l’heureuse rencontre des usages et de la construction. Il est l'un des architectes à l’origine des propositions alternatives pour la restructuration de l’îlot Mazagran.

★ LE CYCLE VILLE A DÉFENDRE ★

L’actualité nous rappelle constamment les crises socio-économique et écologique dans lesquelles sont empêtrées nos sociétés. Aujourd’hui, les villes en tant qu’écosystèmes agiles sont le foyer d’initiatives locales imaginant de nouvelles réponses au désordre global.

Pour ce faire, les citoyens engagés, héros du quotidien, doivent pouvoir se réapproprier la ville. C’est ici que la citoyenneté, expérience de création mais aussi de résistance, exprime son plein potentiel.

Nous considérons que la fabrique de la ville n’est pas l’apanage d’une élite mais bien un processus collaboratif où chacun a son rôle à jouer et sa parole à faire retentir. Penser la ville ensemble et partager le pouvoir avec tous, même les invisibles. Après les succès du Ouishare Fest 2017 « Villes de tous les pays, unissez-vous » et de l’étude Sharitories « L’économie collaborative au services des villes moyennes », Ouishare souhaite questionner les enjeux et moyens de réappropriation urbaine par les citoyens et donner à chacun la possibilité de prendre part à l’œuvre commune et faire communauté. C’est l’ambition du projet Ville à défendre.

★ A PROPOS DE OUISHARE ★

Né il y a 6 ans dans un appartement parisien, Ouishare est aujourd’hui un réseau international qui s’appuie sur 80 connectors (membres actifs) et des centaines de membres, dans 20 pays d’Europe, d’Amérique Latine et du Nord et du Moyen-Orient. A l’origine de Ouishare, une utopie : créer un réseau de pairs, une organisation horizontale et faire advenir une société plus ouverte et collaborative. Une expérimentation portée par un réseau de jeunes passionnés prêts à prendre des risques pour donner du sens au travail et questionner le statu quo. Nous passons beaucoup de temps à interroger, expérimenter et déconstruire les mythes de notre époque (et nos propres utopies) : pratiques collaboratives, gouvernance partagée, organisation décentralisée, ville intelligente. Nous aimons aller là où on ne nous attend pas. Explorer l’inconnu. Imaginer des réponses nouvelles aux défis contemporains. On nous reconnaît aujourd’hui quelques compétences originales : organiser des conférences-festivals d’un nouveau genre, créer des lieux hybrides pour connecter des écosystèmes inattendus, expérimenter à l’échelle d’un territoire . Certains anciens de Ouishare sont devenus entrepreneurs, d’autres ont rejoint des agences publiques, d’autres encore s’épanouissent en tant qu’indépendants. Avec le temps, nous avons compris que nous étions devenus une université pour ceux qui ne restent pas en place et cherchent à entreprendre différemment. C’est ce qui nous rend le plus fier. L’aventure continuera aussi longtemps que d’autres explorateurs-entrepreneurs nous rejoindront avec l’envie de mener des projets originaux et de questionner notre époque.

15h-17h : « Artistes et designers dans la construction d'un imaginaire de l’anthropocène ».

Table-ronde et présentation de projets
Avec la Cité du Design de Saint-Etienne et l'Institut Rhônalpin des Système complexes (IXXI).

Olivier Peyricot (Cité du design)
Quelle lecture de l’anthropocène proposent designers et artistes ? Dans ce cadre, qu’est-ce qui est mobilisé sous la notion de design ? Nous articulerons la capacité du design à « déplier » des ensembles et des systèmes techniques (qui est à l’œuvre dans les ateliers de conception des artistes et des designers), à l’acte de « designer » que nous verrons ici comme autant d’interprétations possibles de l’usage du design dans la recherche sur et dans l’anthropocène.

Déplier
- Stéphane Lemercier (Cité du design)
« Lustgarten, récit d'une installation »
- Stéphane Degoutin (ENSAD) & Gwenola Wagon (Paris VIII)
World Brain, description et fiction du cerveau mondial (film web Arte.tv)
- Simone Fehlinger (Cité du design)
"Climate(s) Channel, de la fiction météo vers une réalité des climats" (projet de recherche)
- Stéphane Degoutin (ENSAD) & Gwenola Wagon (Paris VIII)
Psychanalyse de l'aéroport, anthropologie artiste des hubs de l'anthropocène (exposition, livre aux éditions 369)

Designer
- Olivier Hamant (Ira, ENS, EUL)
"Les architectures sous-optimales du vivant : un contre-modèle ?"
- Nathalie Ergino (Directrice de l’IAC-Villeurbanne)
"Le Laboratoire espace cerveau de l’Institut d’Art Contemporain Villeurbanne, unité d’exploration des artistes et des chercheurs "
- Tiphaine Kazi-Tani
Panorama des stratégies design pour (s’) occuper de l’anthropocène

Synthèse par Patrick Degeorges (IXXI)

17h30-18h15 : « Documenter l'anthropocène par l’image »

Projection de photographies et débat à travers l'œuvre de 5 photographes.
En partenariat avec le festival 9PH Photographie et image contemporaine
Camille Gharbi, Patrick Galbats, Sandrine Elberg, Maïté Marra et Céline Clanet, lauréats de la Nuit de la photographie du Festival 9PH.
Suivie d'un débat animé par Amandine Quillon et Anna Tomczak et 3 lauréats, avec la participation de Bertrand Stoefleth photographe en collaboration avec l'Ecole Urbaine de Lyon. 

18h30-19h30 : Talk avec Arkadi Zaides, danseur et chorégraphe et Igor Dobricic, dramaturge, sur le projet de création Nécropolis.

Nécropolis : « représenter les migrations, la disparition, la mort. Enjeux scientifiques, politiques et culturels d'une réalité anthropocène ».

NECROPOLIS

Concept & direction: Arkadi Zaides
Dramaturgie : Igor Dobricic
Administration & production : Simge Gücük / Institut des Croisements
Coproduction : Charleroi Danse (BE), Ecole Urbaine de Lyon (FR), RAMDAM, un centre d'art (FR)
Accueil en résidence : STUK (BE), CCN – Ballet de Lorraine (FR), Workspacebrussels (BE), PACT Zollverein (DE), WP Zimmer (BE)

« Le 20 juin 2018, à l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, le quotidien britannique The Guardian a publié une liste qui fait état de 34 361 réfugiés et migrants ayant trouvé la mort en tentant de rejoindre l’Europe depuis 1993. Face à une telle tragédie, dans la plupart des cas une procédure standardisée est enclenchée de manière quasi-automatique : afin d’identifier les disparus, une équipe de pathologistes et spécialistes de médecine légale est dépêchée sur place pour recueillir des données médicales et biologiques à partir des corps retrouvés et des proches encore vivants. Néanmoins, au cours des dernières années, cette procédure n’a pas été appliquée aux victimes de la crise migratoire européenne. Au fond de la mer, sur les rivages et à l’intérieur des terres, on trouve des corps décomposés, des restes humains, ils nous livrent le récit d’un corps collectif dont le spectre plane sur le territoire européen. Dans le cadre de leurs recherches, Arkadi Zaides et son équipe souhaitent se pencher sur la pratique de la médecine légale afin d’élaborer une base de données virtuelle, à partir des restes de ceux dont la mort est la plupart du temps passée sous silence. Cette archive en perpétuelle expansion, cette carte, ce site se nomme NECROPOLIS : elle se déploie à travers toutes les dimensions de l’espace-temps, entrelaçant les mythologies, histoires, géographies, mouvements et anatomies de ceux que l’on a laissé rentrer dans la cité des morts ».
Co-produced by Charleroi Danse (BE), Ecole Urbaine de Lyon (FR), RAMDAM, un centre d'art (FR) Residency support : STUK (BE), CCN – Ballet de Lorraine (FR), Workspacebrussels (BE), PACT Zollverein (DE), WP Zimmer (BE)

20h-22h : Projection-débat du film Le géographe et l'île de Christine Bouteiller (Scotto Productions, 2018, 73 min), avec la participation de Philippe Pelletier (qui sera présent à l'occasion de la soirée pour débattre)


 Le Géographe et l'île de Christine Bouteiller invite à réfléchir dans au moins deux directions au cœur des études urbaines anthropocènes :
1. d'un point de vue thématique, le film documente le cas d'Iwaishima, une île japonaise qui interroge l'ensemble du modèle énergétique de l'Archipel en refusant depuis des décennies l'installation d'une centrale nucléaire à immédiate proximité de ses côtes et qui développe un modèle alternatif de subsistance.
2. d'un point de vue formel, la documentariste Christine Bouteiller et Philippe Pelletier, Professeur à l'Université Lyon 2 spécialiste du Japon, ont cherché à inventer une voix originale pour mettre en commun leurs démarches singulières de recherche, enjeu majeur à un moment où la méthode scientifique cherche à s'ouvrir toujours plus à de nouvelles formes de production de connaissance.