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3ème Séminaire de recherche "Approches de l'anthropocène"

Le 13 février 2019

"Le problème de la démocratie environnementale à la lumière du Principe Responsabilité de Hans Jonas"

par Éric Pommier, Professeur à l’Université Pontificale du Chili

Responsable scientifique et animation : Michel LUSSAULT, directeur de l'Ecole Urbaine de Lyon 

de 18h à 20h
Amphithéâtre Huvelin
Université Jean Moulin Lyon 3
Entrée par le 1 rue de l'Université (en raison de travaux quai Claude Bernard)
Lyon 7ème

Accès :
Tram T1 des gares Perrache et Part Dieu, station Rue de l’Université
Métro A, station Bellecour ou D, station Guillotière Parking Fosse aux Ours, 1 bis place Antonin Jutard.

Résumé : 

Hans Jonas formule, dans le Principe Responsabilité, publié en 1979, un principe éthique capable de contrôler ou d’encadrer le développement technique, grâce à un appel à prendre ses responsabilités envers les générations futures et le monde de la vie. 
            
Néanmoins, en dépit des mérites que représente cette éthique nouvelle, on ne peut rester aveugle à l’aporie peut-être la plus dramatique du Principe Responsabilité auquel elle donne lieu. Alors, en effet, que Jonas prétendait définir une éthique utilisable par la puissance publique, dans le but de réguler l’usage excessif de la technique, il apparaît qu’aucun système politique ne semble apte à incarner cette éthique. Les derniers chapitres du livre, qui tentent de déterminer le régime politique capable d’incarner le devoir de responsabilité, se soldent en effet par un échec. 
 
On pourrait alors considérer que l’impasse du Principe Responsabilité est une invitation à développer la philosophie politique qui lui manque et qui serait à la hauteur du principe éthique. Mais on peut aussi se demander si l’absence de philosophie politique n’est pas le signe que le principe éthique est incompatible avec toute réalisation politique... Cette utopie éthique serait, dès lors, dangereuse pour les démocraties dès lors qu’on prétendrait l’incarner au plan politique. Si l’on peut critiquer la démocratie parce qu’elle ne se soucie pas de la planète, des êtres vivants et des générations futures, on peut aussi critiquer un régime qui prétendrait défendre de tels intérêts au détriment des droits des sujets classiques, à savoir les hommes contemporains. Faut-il donc reconnaître l’insuffisance de la démocratie au regard des exigences éthiques du principe responsabilité ou bien au contraire le caractère inadéquat du principe éthique devant le régime démocratique ? Existe-t-il un moyen de dépasser cette alternative, de réunir les deux têtes de l’aigle et de concilier les exigences éthiques avec les exigences politiques ? 
C’est cette réconciliation sur laquelle nous nous proposons de méditer dans le cadre de ce séminaire.

Présentation d’Éric Pommier :

Eric Pommier est professeur agrégé de philosophie, docteur en philosophie de l’université Paris I Panthéon Sorbonne, membre associé des Archives Husserl de Paris et enseigne à l’Université Pontificale Catholique du Chili à Santiago. Il est en particulier l’auteur de Ontologie de la vie et éthique de la responsabilité selon Hans Jonas, Paris, Vrin, 2013 ; Jonas, collection Figures du Savoir Belles Lettres, Paris, 2013 et Hans Jonas et le Principe Responsabilité, Paris, PUF, 2012. On peut également signaler cet article : « De la communauté biotique à la Terre : fonder le devoir écologique dans un horizon jonassien », Revue de Métaphysique et de Morale, 2016/1 (n°89)
Sa réflexion se partage actuellement entre trois axes : la phénoménologie du sentir, le sens post-métaphysique de l’humanisme et la politique environnementale.