Dossier thématique sur les sols urbains

Du 3 juin 2021 au 31 décembre 2021

© Michael Pederson
© Michael Pederson

L’École urbaine de Lyon vous propose, ce mois-ci, un ensemble de ressources sur cette thématique au cœur du développement d'une science totale des environnements urbains.

Edito par Marine Durand, doctorante à l’université Claude Bernard Lyon I (laboratoire d’Ecologie microbienne de Lyon), lauréate d’un contrat de thèse de l’Ecole urbaine de Lyon

Terre ? Sol ? Y a-t-il une différence ? Dans le vocabulaire de l’aménagement, le “sol” est avant tout un foncier, support inerte de tout aménagement, que ce soit de l’ordre de la construction de voirie, de bâtiments, ou d’espaces verts. La « terre », quant à elle, renvoie à un aspect vivant et fertile, milieu indispensable à la vie des plantes et des micro-organismes.


Traditionnellement, l’aménagement des espaces verts en ville implique d’importer des « terres végétales » décapées depuis des terrains agricoles péri-urbains. Une pratique qui s’explique par 150 ans d’urbanisation. Avec l’industrialisation, les sols des villes ont été transformés et imperméabilisés pour faciliter les activités et les déplacements des citadins, mais aussi pour aseptiser et simplifier le nettoyage des rues. La nature s’implante quant à elle autour des constructions bétonnées. Dans ce contexte d’étalement urbain au détriment des campagnes, la « terre végétale » ne manque pas.

Mais aujourd'hui, la volonté de limiter l’artificialisation des zones rurales en périphérie des agglomérations et les objectifs de « villes durables » qui se reconstruisent sur elles-mêmes poussent les aménageurs à développer de nouvelles solutions d’approvisionnement en terre fertile. Il devient nécessaire de trouver un substitut à la terre végétale, devenue un matériau rare et onéreux.

Le sol pourrait-il alors devenir terre ? Avec différentes initiatives, tels que le projet de « paysages productifs » qui expérimentent différentes approches de dépollution et de re-fertilisation des sols de la Vallée de la Chimie, ou encore le projet « Ternatec » situé à Confluence, qui permet la fabrication de « terres fertiles » grâce à une économie circulaire des déchets verts et des sols issus de chantiers urbains, la Métropole de Lyon entend se positionner comme l’un des acteurs dans le changement de visions et de pratiques paysagères appliquées aux sols urbains.

Dans ce dossier thématique, constitué par l'équipe de l'Ecole urbaine de Lyon, vous trouverez différentes ressources pour réfléchir aux enjeux des sols en milieux urbains.

Ressources proposées :

- « La fabrication de technosols apparaît comme l’une des solutions d’amélioration de la fertilité des milieux urbains » par Marine Durand, Anthropocene2050
Cet article explique comment la fertilité des sols urbains est influencée par les activités humaines, entraînant alors une carence en azote, et présente l’une des pistes développées à l’heure actuelle pour atténuer ce phénomène.

Veille thématique sur les sols urbains  par Bérénice Gagne, Anthropocene2050
« 1 % seulement des études scientifiques sur les sols concernent les secteurs urbains ». Partons donc explorer les sols et sous-sols de nos villes, et apprenons à mieux les connaître pour faire face aux changements globaux.

- Regards sur l’Actu de Radio Anthropocène avec Philippe Billet Professeur agrégé de droit public, Université Jean Moulin, Lyon 3, Directeur de l'Institut de droit de l'environnement. Il revient dans cet entretien sur les relations entre les sols et le droit.

- “Le domaine de la géomorphologie urbaine peut fournir de bonnes idées pour l’identification et la hiérarchisation des mesures d’atténuation des risques”, par Pierluigi Brandolini (Université de Gênes), Maurizio Del Monte (Université La Sapienza, Rome) and Francesca Vergari (Université La Sapienza, Rome), Anthropocene2050.
Dans cette interview scientifique, les auteurs apportent des éléments d’analyse géomorphologique qui alimentent la thèse d’un anthropocène urbain qui se serait accéléré après la deuxième guerre mondiale. Ils appellent également à une meilleure prise en compte des études géomorphologiques dans la politique d’anticipation des risques.

- « Sous nos pieds, un sol qui se dérobe…et qui résiste ! » par Sylvain Léauthier, Anthropocene2050.
Compte- rendu du mercredi de l’anthropocène intitulé “Ce que les sols ont à nous dire”, en présence de Matthieu Duperrex, philosophe et directeur artistique de “Urbain, trop urbain” et de Jean-François Vian, ingénieur agronome et enseignant-chercheur à l’ISARA de Lyon (école d’ingénieurs en agronomie, agroalimentaire et environnement).

« La pollution des sols urbains reste une préoccupation marginale » par Marine Canavese et Stéphane Frioux, Abécédaire de la ville Le Monde « Cities »/Ecole urbaine de Lyon.

Remédiations terrestres. Par Jean-Sébastien Poncet. Cité du design de Saint-Etienne.
Issu d’un travail de veille sur l’axe "terres des villes" avec l'appui de la recherche de la cité du design, ce texte tente d’inventorier et qualifier les différentes formes de travail avec et sur le sol pratiquées par les designers et les artistes.